A lieu unique, histoire unique

© Noak/Le Bar Floréal/Institut Curie

L’histoire du centre de Protonthérapie prend sa source avec la construction du premier cyclotron français  débutée en 1937 par Frédéric Joliot-Curie lors de son arrivée au Collège de France. Dans les années 50, pour équiper de moyens modernes les laboratoires de physique nucléaire de la Faculté des Sciences de Paris, un centre s’édifie sur le site d’Orsay à l’initiative de Frédéric et Irène Joliot-Curie. C’est ainsi que le Laboratoire de Physique et Chimie Nucléaire du Collège de France, que dirige Frédéric Joliot-Curie, y est  transporté avec la plus grande partie de ses installations dont le fameux cyclotron.

Mais pour compléter celui-ci, devenu quelque peu obsolète, le laboratoire acquiert un synchrocyclotron de 160 MeV qui entre en fonction le 4 juin 1958. Après de nombreuses années de bons et loyaux services en physique nucléaire, ce synchrocyclotron va être totalement restructuré à l’initiative du CNRS en 1975 et 1978. Et les changements ne s’arrêtent pas là pour cet accélérateur de particules, puisque devenu inutilisable pour la physique nucléaire moderne, désormais habituée à des machines plus puissantes, il sera (ré)adapté entre 1989 et 1991 à des fins d’utilisations médicales.

C’est un long chemin de près d’une quarantaine d’années qui a permis à ce fleuron de la physique nucléaire de se  transformer en une machine de radiothérapie de pointe destinée aux patients. 

Dans un article paru en 1958, Frédéric Joliot-Curie – précurseur du devenir du synchrocyclotron – s’exprimait sur  « le nouveau centre de recherches fondamentales en physique nucléaire d’Orsay » : « Si nul ne peut aujourd’hui nier que les problèmes que pose la Technique, que les moyens d’investigations puissants  qu’elle met à la disposition de la Science, fécondent et stimulent la Recherche fondamentale, il est juste de dire que presque toutes grandes innovations techniques ont eu leur origine dans les connaissances acquises et les découvertes  effectuées dans les laboratoires de recherche fondamentale.  En bref, la Science et la Technique se fécondent mutuellement et des liaisons les stimulant toutes deux doivent s’établir entre elles. »

Author / Source : Institut Curie